Le président Donald Trump se range du côté du déni turc du génocide arménien
Par Harut Sassounian
TheCaliforniaCourier.com
Honte au président Donald Trump pour avoir persisté dans ses refus répétés de reconnaître le génocide arménien. C’est ce qui arrive lorsqu’un homme dépourvu de valeurs ou de principes moraux — un criminel reconnu coupable (sur 34 chefs d’accusation), qui a de surcroît été jugé responsable d’agression sexuelle — est élu président des États-Unis.
Les dénis de Trump contredisent les multiples reconnaissances du génocide arménien émanant des plus hautes instances du gouvernement américain :
— Le 28 mai 1951, le gouvernement des États-Unis a soumis un document officiel à la Cour internationale de justice (Cour mondiale) reconnaissant le génocide arménien.
— Le président Ronald Reagan a mentionné le génocide arménien dans sa proclamation présidentielle du 22 avril 1981.
— La Chambre des représentants des États-Unis a adopté, à une écrasante majorité, trois résolutions en 1975, 1984 et 2019, reconnaissant le génocide arménien.
— Le Sénat américain a reconnu le génocide arménien à l’unanimité (100 voix contre 0) en 2019, en dépit des tentatives infructueuses du président Trump pour bloquer cette initiative.
— Le président Joe Biden a publié des déclarations les 24 avril 2021, 2022, 2023 et 2024, reconnaissant le génocide arménien.
— Les 50 États américains ont tous reconnu le génocide arménien.
— Plus de 30 pays, dont plus d’une douzaine de membres de l’OTAN, ont reconnu le génocide arménien.
En dépit de toutes ces reconnaissances, le président Trump continue de céder au déni du génocide arménien orchestré par Erdogan, en refusant d’employer l’expression « génocide arménien » pour la sixième fois — au cours des quatre années de son premier mandat et des deux années de son second mandat. Il ne faut pas non plus oublier la suppression honteuse de l’expression « génocide arménien » par le vice-président JD Vance dans une publication sur X, peu après sa visite au Mémorial du génocide arménien à Erevan, le 10 février 2026.
Depuis que le président… Trump refuse de prononcer le mot « génocide », craignant d’offenser son compère Erdogan ; comment les Arméniens pourraient-ils dès lors lui faire confiance pour défendre la sécurité et la souveraineté de l’Arménie ? Trump et Vance auraient dû être universellement condamnés pour leur comportement répréhensible. Pourtant, nous n’avons entendu pas la moindre critique de la part de leurs partisans arméniens. Ceux qui voteront pour J.D. Vance à l’élection présidentielle de 2028 se rendront complices de son déni du génocide arménien.
Le Comité national arménien d’Amérique (ANCA) et l’Assemblée arménienne ont publié des déclarations critiquant le déni persistant du génocide arménien de la part du président Trump. L’ANCA a condamné « la complicité du président Trump dans la dissimulation des crimes de la Turquie ». L’Assemblée arménienne a exprimé sa « profonde préoccupation quant au fait que l’incapacité à affirmer clairement le génocide arménien contribue à un climat d’impunité, au moment même où le patrimoine chrétien arménien en Artsakh fait l’objet d’attaques renouvelées ».
Contrairement au président Trump, des dizaines de dirigeants mondiaux et d’organisations majeures ont publié, le 24 avril 2026, des déclarations fermes et sans équivoque concernant le génocide arménien. Parmi eux figuraient : le président de la Russie Vladimir Poutine, le président de la Grèce Konstantinos Tasoulas, le président du Liban Joseph Aoun, le Parlement de Suède, le ministère des Affaires étrangères de Chypre, le ministre des Affaires étrangères de l’Uruguay Mario Lubetkin, le Conseil œcuménique des Églises, le Premier ministre du Canada Mark Carney, le président de la France Emmanuel Macron, le vice-président du Bundestag allemand Bodo Ramelow, le gouverneur de Californie Gavin Newsom, la législature de l’État de Californie, le maire de New York Zohran Mamdani et la maire de Los Angeles Karen Bass.
Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a lui aussi publié une déclaration le 24 avril, comme il le fait chaque année depuis 2014. Comme on pouvait s’y attendre, il a déformé les faits historiques, affirmant que « tous les sujets ottomans ont profondément souffert », mettant ainsi sur un pied d’égalité les victimes du génocide arménien et les soldats turcs morts au cours de la Première Guerre mondiale. Tandis qu’Erdogan versait des larmes de crocodile, les autorités d’Istanbul interdisaient une fois de plus les commémorations du génocide arménien le 24 avril.
Plus décevante encore fut la déclaration publiée le 24 avril par le Premier ministre d’Arménie, Nikol Pachinian. Après avoir insulté à maintes reprises la nation arménienne en soulevant des questions superflues quant à la véracité du génocide, il continue de déformer les faits historiques. Dans une longue déclaration publiée le 24 avril 2026, Pashinyan — plutôt que d’imputer la responsabilité aux Jeunes-Turcs — a décrit le « Meds Yeghern » comme « une conséquence de la pratique consistant à entraîner le peuple arménien dans des intrigues internationales ». Pashinyan a ensuite détourné l’occasion de l’anniversaire du Génocide pour promouvoir son soi-disant agenda de paix. Dans une affirmation troublante, il a soutenu que l’Arménie était sous-peuplée, semblant ainsi préparer le terrain à l’éventuelle installation de 300 000 Azerbaïdjanais en Arménie — une revendication précédemment formulée par Aliyev.
Sur ordre de Pachinian, la télévision publique arménienne (financée par les contribuables) n’a pas diffusé la cérémonie de dépôt de gerbe effectuée par le Catholicos Karékine II au Mémorial du Génocide, le 24 avril. Poursuivant la vendetta de Pachinian contre l’Église apostolique arménienne, le Musée du Génocide arménien a retiré de son site Internet les publications relatives à la visite du Catholicos Karékine II au Mémorial.
Pour le plus grand plaisir de l’Azerbaïdjan et de la Turquie, Pachinian a condamné l’incendie du drapeau turc par des participants à une marche aux flambeaux organisée à Erevan dans la soirée du 23 avril. Ainsi, une fois de plus, Pachinian, Aliyev et Erdogan se retrouvent alignés sur des positions hostiles aux intérêts nationaux arméniens.
Pachinian a ensuite offensé davantage la nation arménienne en organisant un grand concert public et des festivités le 25 avril, au lendemain de l’anniversaire du Génocide arménien.
Comment reprocher aux dirigeants étrangers leurs positions contestables sur le Génocide arménien, alors même que le Premier ministre de l’Arménie prend de telles initiatives offensantes et tient des propos douteux ?

